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Exemples de complexification du deuil en contexte de proche aidance

Stéphanie Ouellet
Stéphanie Ouellet

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Dans le cadre des interventions au Groupe des aidants du Sud-Ouest (GASO), nous observons fréquemment que le deuil peut devenir plus difficile si l'aidant n'arrive pas à trouver de nouvelles manières de prendre soin de lui et de combler ses besoins autrement.

Voici deux exemples fictifs pour bien comprendre ce qu’on entend quand on parle de deuil complexifié par des facteurs que seuls les proches aidants peuvent vivre.

L’exemple de Estelle:
Estelle est une passionnée de yoga et donne même des cours. Cela la détend dans son quotidien et lui permet de se connecter à son corps et aux autres. Avec la proche aidance de sa mère qui lui demande de plus en plus de soutien, elle décide de cesser d’enseigner le yoga et n’en pratique plus, car elle ne sent pas l’énergie et manque de temps. Lors du décès de sa mère, Estelle réalise qu’elle n’a plus d’ambitions, qu’elle vit autant le deuil de sa mère que son rôle d’aidante en plus du deuil de son travail qu’elle a dû délaisser pour lui consacrer son temps.

Elle se sent déboussolée et ne sais plus par où commencer pour se retrouver comme avant sa proche aidance. Estelle devra tranquillement se laisser la chance de revisiter le yoga, voir si cette passion l’anime encore et peut-être même reprendre ses cours avec le temps si cette passion lui est restée. Sinon, si elle se laisse la chance de tester, elle pourra découvrir un nouveau passe-temps qui l’anime et qui lui permet de reconnecter avec elle-même.

L’exemple de Roger:
Roger aimait partir en voyage avec ses amis et sa conjointe. Cependant, la vie a décidé autrement avec la condition de celle-ci, Roger s’éloigne de ses amis et ne voyage plus. Il doit offrir des soins très complexes pour sa conjointe qui lui demande tout son temps.

À son décès, il exprime se sentir inutile, car sa vie pendant les 6 dernières années était consacrée aux soins de sa conjointe. Il n’a plus son réseau d’amis qui le soutenait au début dans la maladie et se sent très seul et laissé à lui-même. Il ne se reconnaît plus et a de la difficulté à voir comment il pourra passer à travers son deuil. Roger vit un deuil plus difficile, car il n’a pas seulement perdu sa conjointe, il a également perdu son cercle d’amis et sa passion de voyager ; il devra s’adapter pour voir s’il veut et peut reprendre contact avec eux et avec sa passion de voyager.

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