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Comprendre l'âgisme et ses conséquences

Katherine McLean Lynch
Katherine McLean Lynch

6 janv. 2026

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Que signifie le mot « âgisme » ?

L’âgisme, une forme de discrimination souvent invisible ou socialement tolérée, renvoie aux stéréotypes, préjugés et actes discriminatoires envers une personne en raison de son âge. Il peut se manifester sur trois plans : institutionnel, interpersonnel et intrapersonnel.

Au niveau institutionnel, il prend la forme de lois, politiques ou pratiques qui limitent les possibilités d’une personne en fonction de son âge et la placent en situation de désavantage. Sur le plan interpersonnel, il concerne les interactions négatives entre individus. Au niveau intrapersonnel, il apparaît lorsqu’une personne adopte et intériorise les stéréotypes liés à l’âge.

Quatre types d’âgisme sont reconnus :
hostile, compassionnel, intergénérationnel et intragénérationnel. Bien que tous les âges puissent en être touchés, nous nous concentrons ici sur les personnes âgées, pour qui l’impact sur la santé et le bien-être est particulièrement important.

L’âgisme hostile regroupe les propos et gestes intentionnellement irrespectueux. L’âgisme de compassion, plus subtil, infantilise les personnes âgées en les présentant comme incapables d’agir ou de décider. L’âgisme intergénérationnel concerne les stéréotypes entre générations, tandis que l’âgisme intragénérationnel désigne les préjugés au sein d’un même groupe d’âge.

De « invisible » à des conséquences impossibles à ignorer

Ces différentes formes d’âgisme, en perpétuant des stéréotypes négatifs, renforcent l’exclusion sociale des personnes âgées. Concrètement, ces stéréotypes les présentent comme incapables d’apprendre ou de changer, en déclin sur le plan de la santé et de la qualité de vie, entièrement dépendantes — voire comme un fardeau — ou encore toutes semblables.

Au-delà de l’exclusion d’une participation pleine à la société, l’âgisme et l’image négative de soi qu’il induit ont aussi été associés à des taux plus élevés de démence et de maladies graves comme les troubles cardiaques ou le diabète. Les effets de l’âgisme sur les personnes âgées sont désormais trop visibles pour être ignorés. Il existe en effet, des conséquences connus.

Les valeurs et croyances au coeur de l'âgisme

Les préjugés liés à l’âgisme demeurent peu remis en question, car ils reposent sur des valeurs implicites profondément ancrées dans nos sociétés occidentales, difficiles à reconnaître et à déconstruire.

En matière de valeurs implicites, Gutterman (2022) souligne notamment la valorisation de la jeunesse comme idéal de beauté, qui déprécie les signes du vieillissement. À cela s’ajoute l’association traditionnelle entre jeunesse et vie, vieillissement et mort. La peur de la mort, très présente dans la société contemporaine, influence ainsi la perception des personnes considérées comme « plus proches » de cette réalité, en particulier celles du quatrième âge.

Certains jeunes, confrontés à leurs propres craintes, adoptent des stéréotypes négatifs pour se distancer d’un avenir qu’ils imaginent associé à la perte de santé, à la maladie, à l’isolement et à la mort.

Questionner ces valeurs sous-jacentes est essentiel pour lutter contre l’âgisme, souvent invisible, mais aux conséquences importantes. C’est une démarche nécessaire pour soutenir le bien-être et la qualité de vie des personnes du quatrième âge.

Les conséquences de l'âgisme

Les préjugés envers les personnes âgées, comme nous l’avons vu, ont des conséquences concrètes sur leur bien-être. Ils peuvent mener à une pression pour prendre une retraite plus tôt que souhaité, à un recours forcé au chômage de longue durée, à un risque accru de maladies graves comme les troubles cardiovasculaires, ou encore à un isolement social important.

Plus encore, les stéréotypes négatifs peuvent devenir une forme de prophétie auto-réalisatrice lorsqu’ils sont intériorisés : toute personne exposée à des discours âgistes peut finir par y croire et les appliquer à elle-même. Elle peut alors perdre son sentiment d’autonomie, se percevoir comme un fardeau ou comme une personne « en déclin », et en venir à se retirer du monde.

Comment agir pour contrer cette situation ? Nos articles «Prévenir l'âgisme au quotidien» et «Regard introspectif sur l'âgisme et nos attitudes»  propose des pistes pour avancer vers un regard moins encombré par les attitudes et croyances âgistes.

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